CHOCO TOGO, LA STARTUP DU CHOCOLAT BIO

Des tablettes de Choco Togo
Utiliser des méthodes traditionnelles pour produire du chocolat "bio", c'est l'objectif atteint par de six jeunes Togolais avec la création de la société Choco Togo. Etudiants en agronomie, psychologie, informatique ou anglais, ils ont lancé en mars 2014 leurs activités. Avec un début réussis, ils visent désormais d'exporter le modèle hors des frontières de leur pays.


Sélectionnés dans le cadre du FYSIC (« Fair Young Sustainable Inclusive and Cooperative » : « équitable, jeune, durable, inclusif et coopératif », en anglais) - un programme européen Jeunesse en action (« Youth in the World ») - ils ont été formé à l’entrepreneuriat en Italie aux côtés de jeunes ivoiriens et tchèques. Après être initiés en tourisme responsable, en e-commerce et en fabrication de chocolat traditionnel, ils offrent pour le dernier module dès leur retour.
Choco à texture granuleuse 
Ils ont développé l’idée de transformer du cacao cultivé dans la région des plateaux, au centre du pays, et décident de proposer un chocolat local aux consommateurs togolais. Grâce à des méthodes traditionnelles, ils produisent un chocolat avec une texture granuleuse et qui peut être conservé sans fondre à température ambiante.
L'entreprise doit sa survie aux cotisations de ses membres. Choco Togo ne bénéficie pas encore d'actionnariat externe", a confié Nathalié Kpanté, sa directrice de production et responsable du comité de gestion.
Nathalie Kpanté, la directrice de production (Source: Africa Top Success) 
Une équipe locale
Choco Togo s’est installé à Kpalimé, à 120 kilomètres au nord-ouest de Lomé, afin « d’être plus proche de la matière première et des producteurs de cacao », poursuit-elle. Dans cette ville réputée pour son climat et sa terre favorable à la culture du café et du cacao, la jeune entreprise emploie aujourd’hui une quarantaine de femmes qui s’occupent de la première transformation du cacao.

À Lomé, où a lieu la production, une équipe de douze personnes travaille régulièrement à l’obtention du produit fini sans additifs chimiques ou autres. Le produit séduit.
Et même si les clients les plus importants viennent de l’étranger, de Belgique, de France, d’Italie ou de Côte d’Ivoire, les points de vente au plan national augmentent. En 2016, la production est passée à une moyenne de 100 kilos de chocolat par mois. De zéro franc CFA en 2014, l’entreprise devrait réaliser en 2016 un chiffre d’affaires d’environ 4 millions.
Reconnaissance
Avec la tablette de 800 grammes pour 1 000 francs CFA, les produits de Choco Togo sont disponible dans les boutiques togolaises. "L’entreprise, qui a pu compter sur l’enthousiasme et l’engagement de la ministre Cina Lawson en charge des Postes et de l’Economie numérique, séduite par le produit", informe  le magazine Jeune Afrique. Elle s’attaque désormais au marché sous-régional, notamment à la Côte d’Ivoire.
Devenue une habituée des foires et salons internationaux, en Italie, à Paris ou à Bruxelles, les mérites de la coopérative sont reconnues à travers plusieurs récompenses. A l’exposition universelle du salon du goût "Terra Madre", Nathalie Kpanté, sa promotrice a reçu le prix de l’innovation en 2015, de même que le prix de la jeunesse de la Francophonie, cette année.


Au plan national, Choco Togo a reçu en 2015 le premier prix du meilleur projet entrepreneurial au Forum des jeunes entrepreneurs (2 millions de francs CFA) et le deuxième prix de l’innovation au Salon de l’agroalimentaire de Lomé (1 million de francs CFA). "Des récompenses réinvesties dans le développement de l’entreprise et qui poussent l’équipe à poursuivre ses actions", a confiée Nathalie Kpanté à Jeune Afrique.

100 kilos de chocolat par jour
Le but de ses investissement, selon elle, est d’augmenter la production, de payer des équipements modernes et de produire 100 kilos de chocolat par jour. Dans ce cadre, Choco Togo bénéficie d’une subvention de plus de 11 millions de francs CFA grâce au Projet d’appui au secteur agricole togolais (PASA) développé par l’État.
La coopérative prévoit d’ajouter à cette subvention ses propres fonds, soit 4 millions de francs CFA, et développer dès l’année prochaine de nouveaux produits, tels que du  chocolat au gingembre, à l'arachide ou à la noix de coco. Le renforcement de sa communication est également une nécessité qui fera lumière sur sa visibilité.
En attendant, Choco Togo prépare l’organisation de la deuxième édition de la Fête du chocolat au premier trimestre 2017. Bénéficiaire du programme américain YALI (Young African Leaders Initiative), Nathalie Kpanté a effectué un stage de six semaines en août et septembre 2016 à Seattle au sein de Theo Chocolate, première structure de chocolaterie certifiée bio aux États-Unis. Elle espère surfer sur ces expériences pour donner à l’entreprise une notoriété mondiale.

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