Après le High Tech, le Kenya jette son dévolu sur l’industrie halal

Le Kenya est l’une des références africaines en matière de High Tech. La rapidité avec laquelle les Kényans ont adopté les technologies de l’information et de la communication est aujourd’hui source d’inspiration pour de nombreux pays. Après ce succès, l’industrie halal devient le nouveau cheval de bataille de ce pays est-africain. Et les autorités locales voudraient tout faire pour obtenir un positionnement d'excellence. Explications.


L'industrie halal sera-t-elle le prochain secteur économique source du rayonnement du Kenya ? C'est en tout cas l'ambition des autorités locales. « Nous cherchons à positionner le Kenya comme la plaque tournante de l'industrie halal dans la région en produisant plus de biens et services certifiés halal pour servir un marché local et mondial en pleine croissance ». Ces déclarations sont celles du Secrétaire d'Etat au tourisme kényan, Najib Balala, lors de la Halal Trade Expo Kenya qui s'est tenue du 18 au 20 novembre au Kenyatta International Convention Centre (KICC) à Nairobi, rapporte la presse locale.
Déjà, l'événement en lui-même est une première dans ce pays d'Afrique de l'Est. Les autorités veulent faire de ce salon une plateforme pour l'information et la mise en réseau des entreprises, des acteurs industriels et du public afin de favoriser l'échange d'idées sur les différentes opportunités qu'offre le marché du halal.

Six secteurs visés

D'après l'officiel kényan, le pays serait prêt à investir pour se frayer un chemin dans l'industrie halal mondiale. Et les secteurs qui lui sont prioritaires sont l'agroalimentaire, l'industrie pharmaceutique, les services financiers, l'habillement, les produits cosmétiques et le tourisme. Et l'accent serait particulièrement mis sur ce dernier secteur qui connait de meilleurs jours cette année, avec une hausse de 17,2% du nombre de touristes à 581 808 visiteurs entre janvier et août, par rapport à la même période l'année dernière. Et alors que le pays fait tout pour attirer davantage de touristes - avec notamment la mise en place d'un groupe de travail dont l'une des missions est d'améliorer l'image du pays à l'échelle mondiale- le Secrétaire d'Etat pense que le tourisme halal serait un bon créneau. « Le tourisme halal offre l'accès à une population jeune, au pouvoir d'achat de plus en plus élevé et friande de voyage. Nous avons besoin de services et les installations qui répondent aux besoins de cette catégorie de personnes », a-t-il déclaré.
Avec le quart de sa population étant de confession musulmane, le Kenya estime disposer d'un fort potentiel ne serait-ce qu'au niveau national. Au niveau mondial, le pays d'Uhuru Kenyatta veut s'inspirer des pays comme l'Australie, la Nouvelle Zélande, l'Inde, Royaume-Uni, l'Espagne, le Japon ou encore la Croatie qui ont une population musulmane minoritaire, mais qui font de gros chiffres dans l'industrie halal mondiale.

« Petit à petit, l'oiseau fait son nid »

L'industrie halal à travers le monde, c'est 1,6 milliard de consommateurs musulmans et près de 700 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel et près de 2 000 milliards de dollars par an en 2025. Dans ce contexte, plusieurs pays à travers le monde ont lancé une offensive sur ce marché, afin de grignoter des parts de marché. En Afrique, le secteur se développe. Il y a, ça-et-là, une volonté affichée de développer le potentiel existant, notamment en Afrique du Sud. Mais jusqu'à présent, majoritairement musulmans en général, les pays d'Afrique du Nord sont ceux qui sont encore les plus tournés vers halal.
Au Kenya, le halal fait son chemin depuis plusieurs années. En 2008, le pays accueille ses premiers établissements financiers halal, la Banque africaine du Golfe et la First Community Bank. Aujourd'hui, l'assurance islamique aussi fait ses pas, avec le Takaful  Insurance of Africa, une agence basée à Nairobi. De plus, le pays dispose d'une entité de contrôle des produits halal commercialisés sur le marché nationale, le Kenya Bureau of halal certification (KBHC).
Les nouveaux investissements prévus par le gouvernement pourraient davantage propulser ce pays d'Afrique de l'Est qui s'illustre en référence continentale depuis plusieurs années dans le développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) avec notamment le révolutionnaire mobile banking. Ce dernier draine désormais 90% des prêts bancaires, ne cesse de motiver les investissements et inspirer les autres pays africains.  Reste à savoir si le halal rencontrera autant de succès que la technologie.

Sources: LaTribune

Partager cet article :

Enregistrer un commentaire

 
Copyright © 2016 Make For Africa