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AfroMakers Episode 03 avec ApiAfrique et Yaay.sn, les deux entreprises derrière le programme FEMIN'IN Changeons les règles.

02:54
Ce troisième numéro de votre série AfroMakers sera aujourd'hui consacré entièrement aux femmes, plus précisément à la gestion de l'hygiène féminine qui très souvent posent un réel problème chez les plus jeunes en Afrique où malheureusement le sujet demeure encore tabou. Mais fort heureusement, deux brillantes jeunes femmes, entrepreneuses et soucieuses du bien-être et de l'épanouissement de leurs autres sœurs africaines, ont eu l'excellente idée d'initier, grâce aux technologies du digital, un programme d'accompagnement et de sensibilisation intitulé FEMIN'IN: Changeons les règles.
Pour apprendre un peu plus sur ce programme ambitieux nous vous proposons cet entretien vidéo que nous avons eu, lors de la cérémonie de lancement du programme, avec les deux initiatrices du projet, à savoir:

Marina GNING, co-fondatrice de API-Afrique qui est une marque innovante qui conçoit, fabrique et distribue des produits d’hygiène sains, écologiques et esthétiques, pour préserver la santé, réduire les déchets et faciliter la vie des femmes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest

Seynabou THIAM, cofondatrice de la plateforme Yaay.sn, qui est la première communauté digitale des mamans au Sénégal.

Bon visionnage et si vous avez aimé surtout n'hésitez pas à partager la publication  avec votre communauté dans les réseaux sociaux ou laissez-nous un commentaire. Merci à très bientôt pour un autre numéro de AfroMakers.


Entretien réalisé par @ikanechallenge

AfroMakers Episode 02 avec la startup NANO AIR, à Dakar

10:12
NANO AIR est une jeune startup sénégalaise qui évolue dans le domaine des technologies de l'informations et de la communication (TIC), et qui se spécialise plus précisément dans l'informatique embarquée et les objets connectés. 
Elle fait partie de l'une des startups africaines les plus innovantes à être sélectionner en 2016 au Marrakech, pour participer et exposer à la ZONE VERTE INNOVATION de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique COP22.


La startup Nano Air se retrouve au cœur des préoccupations environnementales actuelles, et grâce à la technologie apporte sa participation à l'édification d'un meilleur cadre de vie ici en Afrique, à travers ses solutions innovantes, qui sont d'ailleurs des projets officiels labellisés COP22, catégorie innovation ZONE VERTE.

Et pour rappel, leur NANO AIR BOX a était finaliste au « 55H innovathon de la francophonie » et a remporté le deuxième prix aux Coding Days de CTIC Dakar, la première édition en 2015. Et leur et qui second produit, la WIDIM POMPE a été finaliste au Tekki48 organisé par CTIC Dakar en 2016.

L'équipe de AfroMakers s'est rendue à Gueule Tapée (Dakar), où se trouve le siège social de la dite startup. Nous y avons rencontré un groupe de jeunes afromakers dynamiques, très passionnés, dans une ambiance très joviale.
La première chose qui nous a marquée quand nous sommes entré dans l'appartement, où d'ailleurs vivent la plupart des membres de l'équipe, est cette cohésion, cette synergie qui règne entre les membre de la team.


Pour en apprendre plus sur cette start-up nous vous proposons de suivre cet entretien vidéo que nous avons eu avec Oumar BASSE, co-fondateur et CEO de la startup.


Entretien réalisé par @ikanechallenge

AfroMakers Episode 01 avec la startup Virimma, à Dakar

12:30
Dans ce premier numéro de AfroMakers, nous sommes parti à la rencontre de Virimma, la startup sénégalaise qui révolutionne le courtage immobilier à Dakar, grâce à la réalité virtuelle.
Frederic et Laurel au salon Dakar Digital Show

L'offre de Virimma est à la fois très simple et innovante ! L'idée est partie d'un constat général, trouver un logement à Dakar, en tout cas un logement qui corresponde parfaitement à nos attentes, demande beaucoup de temps et d'effort. Il faut visiter plusieurs propriétés avant de trouver le bon; ce qui, au-delà de l'épuisement physique, nous coûte beaucoup de temps et de l'argent.


Virimma vient à la rescousse ! Avec Virimma, plus besoin de se déplacer sur place pour visiter une propriété, dans le confort de chez vous visitez autant de propriétés que vous souhaitez grâce à la réalité virtuelle (VR). 

Et pour plus d'immersion, afin de vivre l'endroit comme si vous y étiez, Virimma vous propose l'intégration avec un caste de réalité virtuelle.

Pour plus d'informations sur le projet, nous vous proposons de suivre cet entretien que l'équipe d'AfroMakers a eu avec deux de leurs co-fondateurs.




Entretien réalisé par: @ikanechallenge

Ouverture du nom de domaine .AFRICA à tous, à partir du 04 juillet 2017

08:00
Pour communiquer sur l'ensemble du continent Africain avec 1 seule adresse Internet, optez pour le .AFRICA !
Durant la période d'enregistrement réservée aux marques, il y a déjà eu près de 1000 enregistrements, hissant d'ores et déjà l'extension dans le top 10 des extensions de sa catégorie.
Le 4 Juillet, l'extension s'ouvre à tous, sans condition !

NASA Space Apps Challenge 2017: Mbal-IT représente le Sénégal

18:00

Le Sénégal souffre d'une mauvaise gestion des déchets, ce qui amène les gens à vivre dans l'insécurité environnementale. Comme ils n'ont aucune idée du tri sélectif, tous les déchets générés sont perdus. Pour répondre à cette problématique, l'équipe de Mbal-IT représentée par Alioune Badara Mbengue, un entrepreneur sénégalais de 19 ans et son collègue Papa El Hadji Mandiaye Gningue, «Tech Artist», présente au Space Apps Challenge la poubelle intelligente qui détecte la présence d'utilisateurs et leur dit, en parlant littéralement dans les langues locales, comment extraire leurs déchets. Le système permet par la même occasion d'avoir accès à des données stratégiques sur l'environnement.

Pour ce qui ne le connaisse pas encore, Space Apps est un programme d’innovation issu de l’incubateur de la NASA.
A travers cette initiative, la NASA croit que la collaboration de masse est la clé de la création et de la découverte de la technologie de pointe. La création d’applications pour l’espace vise à engager le maximum de participants dans la résolution collaborative de problèmes en utilisant la robotique, la visualisation de données, la conception et particulièrement, votre manière de visualiser des solutions innovatrices par rapport au monde réel, aussi bien sur sur Terre que dans l’espace.

Alors pour cette édition 2017, le Sénégal est représenté par le projet Mbal-IT à ce concours mondial regroupant les innovateurs du monde entier.
Vous pouvez voter ici tous les jours jusqu'au 22 Mai, 5 minutes par jour pour donner une chance au Sénégal de remporter la compétition : https://2017.spaceappschallenge.org/vote?q=Mbal-IT

Paps, l’appli de livraison sénégalaise qui veut aller vite

09:12
Design agréable et ergonomie travaillée, Paps se présente comme la première application de livraison à la demande géolocalisée en Afrique francophone. Quatre mois après son lancement au Sénégal, son fondateur rêve déjà de s’implanter à l’étranger.

ECOBANK Fintech Challenge: 500 000 $ US les stars-up innovantes

09:03
Les jeux sont ouverts tentez votre chance start-up innovantes en solutions technologiques bancaires. Ecobank vient de lancer pour vous le Fintech Challenge doté d’une enveloppe de 500 000 $ US.


Gifted Mom: le mobile à la rescousse des femmes enceintes

05:32
Créée par un jeune ingénieur en informatique camerounais, Alain Nteff, Gifted Mom est une start-up qui propose aux femmes enceintes de répondre gratuitement à leurs questions. Elle leur rappele également les échéances importantes - les consultations prénatales - dans le suivi de leur grossesse, le tout directement sur leur téléphone portable. Un reportage de Réussite, l’émission coproduite par le groupe Jeune Afrique, Canal + et Galaxie presse.


PATRICIA SENNEQUIER, INITIATRICE DU LEADERSHIP POSITIF AU SÉNÉGAL

08:46

Entretien avec la fondatrice et directrice générale de Beautiful Soul, première structure accélératrice de transformation implantée à Dakar.

Patricia Sennequier, voix solaire et énergie contagieuse, fait évoluer les organisations et dirigeants du Sénégal. Depuis 2010, elle dirige Beautiful Soul, un « accélérateur de  transformation » qu’elle a relocalisé à Dakar en 2013. Derrière cette femme optimiste se cache  un leader au parcours d’exception (MSTCF de Paris-Dauphine, MBA de l’INSEAD, PWC, Oracle, ONU), qui compte bien faire de son pays, l’un des premiers au monde en termes de qualité de vie. La méthode de management qu’elle insuffle aux dirigeants a déjà fait des émules.
D’où vous vient ce penchant pour l’entrepreneuriat ?
De mes grands-mères, qui ont toutes créé des associations et des entreprises. A 12 ans déjà, je créais déjà la mienne. Mon beau-père possédait une bibliothèque qui fascinait plusieurs aînés du quartier. J’ai eu un déclic : en faire un business, en laisant payer le livres à la location (rires) ! J’ai toujours eu cette passion de créer, un besoin de me réinventer et de repousser mes limites.

« Au Sénégal, il y a un besoin d’œuvrer pour une qualité de vie pour tous ».

Vous avez énormément voyagé durant votre parcours. Qu’avez-vous rapporté au Sénégal de ces différentes expériences ?
J’ai passé 23 ans à l’étranger (France, Irlande, Royaume-Uni, Suisse et Dubaï) tout en revenant régulièrement à Dakar. Lorsqu’on va à la découverte des autres, on se découvre soi-même. Je suis rentrée au Sénégal forte de cette conviction que l’on est tous pareils. On souhaite tous être heureux, on veut s’accomplir, personnellement et professionnellement. Et au Sénégal, il y a un besoin d’œuvrer pour une qualité de vie pour tous. Je suis revenue avec une expertise, des stratégies et des outils pour activer le meilleur des individus et des organisations.
Parlez-nous de vos premières expériences, celles qui ont nourri votre désir d’entreprendre et d’innover ?
A Paris, je suis restée sept ans chez Oracle, une entreprise américaine éminemment entrepreneuriale. J’ai fini par occuper le poste de responsable des ventes pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. Puis, je suis devenue « intrapreneure » en 1996-1997 en développant l’ensemble du service télévente et marketing dédié au continent : 25% du chiffre d’Oracle Afrique.
Au sein de la CCI (Chambre de Commerce et de l’Industrie), l’un de mes rôles principaux a été d’aligner toute l’organisation afin d’améliorer l’efficacité de notre travail sur le terrain.
Enfin, mes rencontres avec des entrepreneurs et des professeurs comme Allan Schwartz (Mozambique, Ashoka), Ken Roth (Human Right Watch), Olivier Basso (CNAM),  Chan Kim et Renée Mauborgne (INSEAD), m’ont énormément inspirée.
patricia sennequier
Ces expériences constituent les prémices de Beautiful Soul…
Oui, j’ai intégré des organisations qui opéraient à chaque fois de gros changements. En 1991, j’ai travaillé aux éditions « Autrement », à l’époque en pleine crise du secteur. Trois en plus tard, Oracle passait du secteur de l’édition de bases de données à celui de logiciels. Quand j’ai rejoint les Nations Unies, l’organisation était en plein questionnement quant à son efficacité. Au moment de lancer Beautiful Soul, j’étais alors nourrie de toutes ces expériences.

« L’innovation vient de cette capacité à observer et à lâcher prise pour faire différemment ».

Comment parvient-on à ne pas se laisser dépasser par le changement justement ?
En l’acceptant avec confiance. Le changement fait partie de l’ADN de tous nos systèmes. Il est aussi porteur d’opportunités.
Il faut savoir développer notre capacité à lâcher prise pour accueillir l’inconnu et découvrir de nouvelles forces, personnelles et collectives. Je fais régulièrement une chose « insensée » pour développer cette capacité, comme un saut en parachute sans instructeur, ou démissionner d’un poste permanent à l’ONU, suivre un stage de comédie musicale entourée de jeunes de 30 ans de moins que moi, etc.
L’innovation vient aussi de cette capacité à observer les autres, à lâcher prise, à laisser de la place au vide et au faire différemment. Chez Beautiful Soul, on se laisse cet espace-là. En été, nous prenons deux à trois semaines pour évaluer notre travail, prendre du recul. On s’inscrit ainsi dans un processus d’amélioration continue.
Comment intégrer cette culture du « bien-être » dans l’entreprise, à l’heure où la pression de la productivité et de la rentabilité se fait sentir ?
Aujourd’hui, nous savons mesurer la contribution positive du bien-être sur la productivité d’une organisation. Demandez à un individu de vous décrire le moment où il aura été le plus performant, il se sera senti heureux dans un environnement de travail motivant. Bien-être et performance durable sont complémentaires.
Au Sénégal, l’enjeu est d’atteindre une performance exceptionnelle dans tous les pans de l’économie. Pour cela, nous devons amener les individus, équipes et organisations à réaliser qu’ils peuvent véritablement exceller, sans complaisance. Une culture managériale de proximité qui tire toute l’organisation vers le haut en alliant bienveillance et exigence est primordiale.
Comment cette vision du leadership positif se concrétise-t-elle sur le terrain?
La recherche académique en développement organisationnel positif (POS) définit le leader positif comme capable de créer un environnement fait de sens, de relations constructives, d’objectifs et de systèmes motivants. Cet environnement permet aux équipes de générer des performances exceptionnelles.
C’est en découvrant les résultats hors du commun de nombreuses organisations utilisant les stratégies et outils du PSO que j’ai réalisé l’utilité de l’adapter pour le Sénégal.
Nous officions auprès d’organisations de secteurs et de tailles différents, qui comptent de 40 personnes à plusieurs milliers : banques, industries, cabinets de conseil, bailleurs de fonds, gouvernements, organisations internationales. Nous construisons avec leurs dirigeants des programmes sur mesure d’accompagnement au changement allant de 3 à 9 mois. Ces programmes mêlent enquêtes, entretiens, coaching, facilitation de discussions difficiles, formation au management, rituels de prise de recul, etc.  L’accompagnement se fait du dirigeant aux équipes en passant par le comité de direction et le management de proximité pour un alignement optimal. Il exige des prises de recul et des remises en question en profondeur.
Avez-vous une visibilité sur l’impact de Beautiful Soul ?
A ce jour, nous avons accompagné plus de 400 leaders-managers et leurs équipes, soit près de 1800 personnes. Des évaluations sont aussi effectuées au fil des programmes par notre équipe ou par des organismes indépendants. A titre d’exemple, les Nations Unies réalisent des enquêtes de satisfaction à l’échelle mondiale. Après notre intervention, une de leurs agences au Sénégal a enregistré un taux d’engagement de leurs employés de 97%.
En proposant de mettre l’humain au cœur des méthodes de leadership, vous soulevez le problème contemporain du mal-être en entreprise. Le « burn-out », une réalité en Afrique ?
C’est un sujet complexe pour lequel nous ne disposons pas de statistiques. Cela étant, nous en rencontrons et ne sommes pas compétents pour les accompagner.
Je crois cependant que chaque individu a une « response-abilité » quant à son bien-être et qu’il est possible, en faisant preuve d’auto-compassion, de trouver des solutions au burn-out.
Quel rôle avez-vous envie de jouer en tant que femme leader ? Avez-vous le sentiment d’être un modèle pour celles qui souhaitent faire bouger le pays vers l’innovation ?
Je désire mettre en valeur les femmes afin qu’elles inspirent le monde. Au sein de Beautiful Soul, des programmes leur sont spécifiquement destinés. Nous les accompagnons afin qu’elles s’exposent et osent inspirer.

« Il faut dire aux femmes de ne pas avoir peur de briller et de faire la différence »

Je suis une femme, avec un mari et un enfant que j’adore, avec des liens sociaux solides. Je m’amuse avec Beautiful Soul, je gagne ma vie honnêtement. Je travaille beaucoup et je parviens à m’occuper de ma famille. Il est tout à fait possible de concilier vie professionnelle et vie privée.
Il faut dire aux femmes, surtout dans nos sociétés où le collectif est très important, de ne pas avoir peur de briller. Je ne crains pas d’affirmer que je suis heureuse aujourd’hui. Demain amènera des changements plus ou moins épanouissants que j’intègrerai du mieux que je peux.
Quels conseils donneriez-vous aux femmes pour qu’elles osent prendre la parole et s’exposer ?
Je peux simplement partager mon expérience. Il m’arrive d’avoir peur du regard de l’autre que j’imagine critique. En même temps, je sais que c’est en pratiquant que l’excellence vient. Il faut y aller progressivement.
Avez-vous une mère spirituelle, une femme qui vous inspire?
Ma famille est ma principale inspiration : ma mère, ma grand-mère et mon grand-père. Ils m’ont transmis cet amour de l’excellence dans le travail. Et cette idée du bonheur que l’on trouve en étant utile à l’autre.

Cameroun: Traveler, une application pour lutter contre les accidents routiers

08:18
Traveler enregistre automatiquement la vitesse, l’emplacement, l’immatriculation du bus, la date et l’heure de la faute. L'application alerte le conducteur. 
Les causes des accidents de circulations sont nombreuses et diversifiées. Mauvais dépassement, excès de vitesse, conduite en état d’ivresse etc. Pour remédier à cette situation, trois jeunes camerounais ont développé la première solution intégrée pour lutter contre les accidents de la route: Traveler.
Il s'agit de Arnold Achiri, Akah Larry et Steve Tueno. Lancée le 25 novembre 2016, Traveler, est une application qui s'utilise sans connexion. Elle se charge également de la surveillance des passagers. Elle permet à toutes personnes désireuses  de connaitre la vitesse exacte, l’emplacement, le bus, le nom de la société de transport.

Comme dans les grandes cités de l'Afrique, les accidents de circulation sont légions dans les villes du Cameroun. Les autorités en charge de la sécurité routière sont sans cesse sollicités pour réduire voire l'endiguer le phénomène notamment dans l'une des ville du "triangle national". 
Arnold Achiri, un des concepteurs de l'application

CHOCO TOGO, LA STARTUP DU CHOCOLAT BIO

14:49
Des tablettes de Choco Togo
Utiliser des méthodes traditionnelles pour produire du chocolat "bio", c'est l'objectif atteint par de six jeunes Togolais avec la création de la société Choco Togo. Etudiants en agronomie, psychologie, informatique ou anglais, ils ont lancé en mars 2014 leurs activités. Avec un début réussis, ils visent désormais d'exporter le modèle hors des frontières de leur pays.

Rwanda: succès et innovation pour l’administration 2.0 IREMBO

Pour Clément Uwajeneza, l’administration rwandaise anticipe la révolution digitale pour ne pas avoir à la subir dans les prochaines années
Avec sa société RwandaOnline, il a été mandaté en 2014 par le gouvernement dirigé par Paul Kagamé pour digitaliser la totalité des services publics de l’Etat en créant Irembo.
Un service de e-gouvernement pouvant réduire l’écart entre les 11,8 millions de citoyens rwandais et l’administration, en quelques clics.
Irembo le portail administratif 2.0 au Rwanda
« Dans la langue kinyarwanda, Irembo signifie porte ou portail, assure Clément Uwajeneza. Nous avons rendu possible un accès direct et permanent entre les citoyens rwandais et toutes les administrations locales et nationales. Les Rwandais peuvent, par exemple, renouveler leur passeport, demander une nouvelle carte d’identité, obtenir une copie de leur casier judiciaire, d’un certificat de mariage… La croissance est exponentielle : près de 2 000 Rwandais ont consulté leurs documents en ligne la semaine dernière. Ils étaient moins d’une trentaine il y a trois mois. »

D’autres services comme le transfert de titres de propriété sont également proposés, en utilisant simplement un téléphone mobile. Le paiement des frais de gestion liés à l’utilisation de la plate-forme se faisant presque exclusivement via le « mobile payment », grâce notamment à un partenariat noué avec l’opérateur télécom Tigo, ou sinon par carte de crédit. Il n’y a plus vraiment de place pour les paiements en cash dans la nouvelle administration 2.0 qui se dessine à Kigali…

D’ici 2018, Irembo digitalisera plus de 100 services administratifs en ligne, des services de police à ceux de l’état civil en passant par les services dédiés aux Rwandais de la diaspora. « Notre ambition ultime est de digitaliser le plus grand nombre de services publics à l’horizon 2020, soit près de 400 services au total », espère Clément Uwajeneza.

C’est pour accélérer la numérisation de l’ensemble des services de l’administration rwandaise que l’équipe du projet Irembo ainsi que le gouvernement travailleront main dans main avec les communautés de start-up et de développeurs, dans une logique collaborative dite d’innovation ouverte.

« A partir de 2016, nous allons favoriser l’éclosion d’un nouvel écosystème de start-up et de développeurs autour des enjeux de l’e-gouvernement. Si un développeur bien formé met au point une solution, par exemple une API qui permet aux Rwandais d’avoir un meilleur accès à un service administratif spécifique sur Internet, et bien nous le testerons, explique Clément Uwajeneza. Nous sommes très ouverts : si le résultat est probant en termes de qualité du service rendu aux citoyens, il sera pleinement intégré à l’offre de service globale Irembo. »

Mais qu’en est-il de la sécurité de toutes ces données personnelles à l’heure de l’explosion des cyberattaques et des nombreux enjeux éthiques liés au Big Data ? Clément Uwajeneza se veut rassurant : « Nous ne sommes propriétaires d’aucunes données. Elles sont et resteront propriété intégrale de l’Etat et de ses institutions. Notre service ne fait que l’aller-retour entre les données demandées par le citoyen sur la plate-forme et le service administratif concerné. Nous ne conservons que les reçus de paiement. Par ailleurs, nous allons opérer ce service durant vingt-cinq ans : nous sommes donc dans l’obligation constante de garantir la sécurité maximale de cette plate-forme contre les vols de données. »

Pour amplifier la mutation numérique de sa propre administration, l’Etat rwandais a opté pour un modèle de concession à durée limitée dans le temps, dit « Build, Operate, Transfer » : si la société privée RwandaOnline est bien en charge de la création de toute l’infrastructure puis de l’exploitation du portail Irembo pendant vingt-cinq ans, c’est l’Etat qui au final récupérera l’intégralité du service pour en être le seul opérateur.

Pour faire le choix du meilleur modèle économique, le Rwanda s’est donné le temps d’observer puis de comparer ce qui se faisait de mieux ailleurs avoue Clément Uwajeneza : « Notamment du côté de l’Europe avec l’Estonie, mais aussi et surtout du côté de l’Asie avec Singapour, qui nous a le plus inspiré. D’ailleurs, nous avons des partenaires venus de Singapour qui nous aident dans la mise en œuvre du projet. »

Une mutation qui inspire déjà plusieurs pays d’Afrique parmi lesquels le Ghana, l’Ouganda ou encore le Bénin qui suivraient de près les résultats de l’expérience Irembo.

 
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